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Voyage en train au Vietnam

Voyage ferroviaire au Viêt Nam

Lundi 28 mars 2016, Hanoi.

Cela va faire quelques jours que nous sommes arrivés au Viêt Nam. Nous profitons tellement de l’atmosphère de la capitale que nous en perdons la notion du sommeil. Le dépaysement est incroyable. En posant le pied sur le sol vietnamien, j’ai vite été surpris de comparer ce pays avec le Maroc. C’est l’une des premières choses que je me suis dit : « on dirait le Maroc de l’Asie ». Et je trouve que ça représente assez bien le caractère de Hanoi.

Nous nous levons tôt ce matin car nous avons comme destination Tam Coc. Un train relie Hanoi à Ninh Binh, la ville la plus proche de notre point d’arrivée. J’ai toujours rêvé de monter à bord d’un train resté figé dans le temps, comme pour avoir l’impression de faire un bond dans le passé l’espace de quelques heures, et j’avais le sentiment que le Viêt Nam pouvait m’offrir cette expérience. Le ciel était couvert ce matin là et la pollution était visible. Une ambiance très particulière, de la brume orangée et un ciel gris. Étonnamment, j’ai trouvé cette ambiance agréable. Exotique.

Peu de distance sépare notre hôtel de la gare. Cependant, le trafic matinal est dense et après être monté dans le taxi, on commence à se demander si on va arriver à l’heure… Le départ du train est à prévu pour 9 heures, et il est déjà 8h20. On voit l’heure qui tourne pendant que notre chauffeur tente de se frayer un chemin à travers le bourdonnement des mobylettes qui filent sur la route abîmée.

Travailleur Vietnamien

Une journée de travail au Viêt Nam

Au bout d’une vingtaine de minutes, nous sommes rassurés : la silhouette de la gare se dessine enfin devant nous. Nous sortons du taxi après avoir payé la course – une misère – et nous nous précipitons à l’intérieur du bâtiment. Je pars vers le premier comptoir que je trouve pour acheter les billets : nous avons 10 minutes. « Hard seat ». Je me dis qu’il s’agit du forfait le plus authentique que je puisse trouver. Sans hésiter, j’invite mes compères à me suivre et nous achetons 3 billets. Ils nous coûtent 58000 dongs chacun. Ce qui fait moins de 2,50 euros. Je suis toujours fasciné par la différence du coût de la vie entre différents pays. Même si je sais que le Viêt Nam est un pays plutôt pauvre, j’ai du mal à me faire à l’idée qu’on puisse faire un voyage de deux heures en train pour 2,50 euros. Je me souviens aussi avoir halluciné quand j’ai vu le personnel à bord nous donner une bouteille d’eau et quelques gâteaux… qui étaient compris dans le prix des billets !

9 heures. Nous sommes à bord. En passant la porte pour entrer dans le train, c’était comme si j’avais vraiment fait ce bond dans le passé. Des sièges en bois, comme des bancs, dans un décor atypique. J’étais comme dans un film. Les sièges ne sont certes pas vraiment confortables, mais l’ambiance qui règne dans le wagon est incroyable. Et puis on part. Je regarde le paysage rural vietnamien défiler sous mes yeux. Nous en avons pour 2 heures de trajet à peu près.

Train Vietnam

Le wagon

Le train effectue un premier arrêt. Une vieille dame vient s’asseoir à côté de moi, dans le carré que nous occupons à trois. (on peut l’apercevoir sur la photo au 4ème rang à gauche, qui dort sur l’accoudoir) Je me rends vite compte qu’elle est muette, ou du moins elle en a l’air, mais elle fait tous les efforts du monde pour tenter de communiquer avec moi. Elle me montre une croix sur son collier et fait des gestes de prière. J’en ai déduit qu’elle partait dans un temple à quelques kilomètres pour prier. Un pèlerinage ? Cette femme avait l’air adorable. Et très tactile aussi, elle m’a tapé sur l’épaule en souriant chaque fois que je ne comprenais pas ce qu’elle essayait de me faire comprendre. C’est sûrement ce qui a attiré l’attention d’un jeune homme assis dans le carré à côté de nous. Il a timidement engagé la conversation avec nous en essayant tant bien que mal de parler anglais. J’ai oublié son prénom, mais je me souviens qu’il rentrait chez lui, dans la campagne, quelques arrêts après Ninh Binh. S’il n’est pas sur la photo que j’ai prise avec mon Polaroïd, c’est parce qu’il nous attendait devant la porte avant que l’on descende du train. Il nous a serré la main et nous a offert un « I am gonna miss you » qui venait du coeur. Ces 2 heures de voyage n’étaient pas seulement incroyables pour les yeux, mais aussi pour l’âme. J’ai partagé le quotidien de ces personnes, qui avaient sur leurs visages un sourire vrai et apaisant. Ces deux personnes ne sauront jamais qu’elles m’ont marqué comme ça. Et c’est aussi quelque chose qui m’a marqué au Viêt Nam : les gens n’ont, matériellement parlant, pas grand chose pour la plupart, mais ils ont l’air heureux. Vrais, humains. Et c’est quelque chose qui m’a séduit là-bas.

Billets

Les billets de train

Nous arrivons tranquillement à Ninh Binh. Tam Coc est située à quelques kilomètres, et les taxis devant la gare nous font comprendre que nous ne serons pas les seuls sur les lieux. Nous montons en voiture, et prenons la route une dizaine de minutes jusqu’à arriver à destination. Les pitons rocheux rappellent un petit peu la baie de Ha Long, mais l’eau ici n’est pas profonde. Les gens y cultivent le riz, l’eau leur arrivant presque aux genoux. Nous décidons de faire un tour dans le voisinage, loin des sentiers touristiques. On se fraye un chemin dans de petites ruelles, on croise un groupe d’enfants du coin qui essayent de nous dire quelque chose et qui rigolent. Il y a même un Européen sur son scooter qui habite dans le coin. Les paysages sont à couper le souffle.

Bateaux et maison

Le voisinage

Allée

Les ruelles

Des femmes attendent des passagers sur des embarcations de fortune. Les barques ont l’air stables, et la technique qu’ont ces femmes qui pagayent avec leurs pieds nous donne envie de tenter l’aventure. On se doit d’essayer et de partir voir où ça va nous emmener ! Il y a un guichet où l’on achète des tickets, plutôt chers compte tenu de l’économie du pays, même si ça reste bon marché quand on vient d’Europe. (je ne me souviens plus du prix exact) On peut aussi aller s’adresser directement aux « conductrices » qui nous feront une ristourne et s’empresseront de partir en se cachant du staff officiel. Je pense que les revenus ne sont pas vraiment partagés de façon équitable…

Nous montons à bord d’une de ces embarcations et partons pour un voyage à travers les pitons rocheux, à même les rizières. Un paysage à couper le souffle. Un calme absolu, des couleurs qui se marient parfaitement ensemble et un peu de vent pour rafraîchir la chaleur ambiante. À la fin de l’aller, une autre femme nous accoste depuis sa barque pour nous vendre à manger et à boire. Nous repartons ensuite dans le sens inverse pour rejoindre la terre ferme, là où nous étions parti au départ.

Si vous passez par Hanoi, je vous recommande grandement Tam Coc, encore assez méconnue des touristes. N’hésitez pas à prendre le wagon avec les bancs en bois et partez vous perdre dans le voisinage avant d’embarquer pour la petite croisière. Ça en vaut vraiment la peine. Et comme des images valent mieux que mille mots, je vous propose une petite vidéo pour illustrer tout ça, disponible juste en dessous. Bon voyage !

Rodolphe