Récits, conseils voyage, bons plans

Retrouve-moi autour du monde

Voyage en Nouvelle-Zélande, ch. 1 et 2

 

Nouvelle-Zélande

 

Chapitre 1 : l’arrivée

 

 

Je suis arrivé en Nouvelle-Zélande début février, après un voyage mouvementé de 33 heures en tout. Première escale d’une heure à Abu-Dhabi, où j’ai dû courir pour avoir ma connexion à cause des 40 minutes de retard au décollage à Paris. Arrivé juste à temps pour la fin de l’embarquement, je repars pour Hong-Kong où m’attend une nouvelle escale, de 6 heures cette fois. J’ai le temps de faire un tour dans l’aéroport, de faire une toilette rapide et d’aller me reposer — allongé par terre avec mon sac comme coussin : voilà un peu le contexte — avant d’enfin embarquer. En comparaison aux deux vols d’avant qui ont tous les deux duré environ 6 heures, le vol Hong-Kong – Auckland est le plus long de ce périple : il durera 11 heures. Autant dire que j’arrive dans un état assez dramatique en Nouvelle-Zélande ! Mais l’excitation d’enfin arriver va vite prendre le pas sur la fatigue accumulée par le voyage et ces quelques nombreuses heures de sommeil dont je manque. Je suis debout depuis plus de 24h et je n’ai pas vraiment réussi à dormir dans l’avion, mais je suis enfin arrivé à destination ! Et ma prochaine réelle nuit dans un lit va se faire attendre encore quelques heures…

Arrivé à Auckland, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. Je n’avais vu de la Nouvelle-Zélande que quelques photos et je ne voulais pas en entendre parler en détails avant mon départ. L’un des buts principaux de ce voyage étant d’arriver en terre inconnue pour pouvoir donner mes impressions, sans aucune attente particulière. C’est ça que je trouve intéressant de partager. Auckland a l’air d’être une ville où il fait bon vivre : on arrive à la fin de l’été et le ciel bleu est radieux. Seuls quelques petits nuages blancs et le soleil brûlant viennent le décorer. Et contrairement à ce que je pensais, Auckland est une petite ville : une grande rue principale, quelques musées et parcs, la fameuse tour, et on a vite fait le tour.

Auckland

Éléments du décor

 

La population d’ici est un véritable cocktail mélangeant toutes les nationalités et ethnies du monde : beaucoup de descendants d’Anglais et des peuples locaux bien sûr, mais aussi un nombre incalculable d’Asiatiques forment la plus grande partie de la population Néo-Zélandaise. Les Coréens représentent la plus grande majorité de cette population venant d’Asie, et ce n’est pas étonnant de voir que l’on trouve autant de restaurants asiatiques. Certaines devantures de restaurants et magasins sont parfois même d’abord écrites en chinois ou en coréen, et ensuite en anglais ! Parlons d’ailleurs une seconde de la nourriture d’ici : des fast-food et des restaurants asiatiques. Voilà. C’est tout. J’avoue que ça fait très caricatural dit comme ça, mais on est quand même proche de la réalité. On se rend vite compte qu’il n’y a pas réellement de « spécialité culinaire » en particulier dans le coin. J’ai aussi compris que les Néo-Zélandais étaient bel et bien des descendants d’Anglais quand pendant un dîner que nous partagions avec un local il a étalé de la compote de pomme sur sa viande. Ou peut-être suis-je le seul à ne pas aimer… Mais je suis au moins ravi d’une chose : le nombre incalculable de restaurants de nourriture japonaise.

Laure, une amie d’enfance de mon père qui vit sur place, va avoir la gentillesse de nous héberger, mon frère, sa petite-amie, une seconde amie — Baptiste, Éléna et Virgine, soit mes compagnons de voyage — et moi le temps d’effectuer toutes les formalités pour pouvoir voyager en toute tranquillité. Elle nous retrouve à Auckland et, présentations faites, on part en direction de chez elle. Le voyage peut enfin commencer !

Bien arrivé

 

Pour être parfaitement honnête, nous n’avions pas vraiment planifié grand chose pour cette aventure. On pensait travailler un peu, se poser — à Auckland, peut-être — et faire un road-trip. Mise à part ça : aucune idée. Mais dès notre arrivée nous avons dû avoir à faire à un premier problème : mon frère et Virginie n’ont pas leurs bagages. Le retard pris à Paris et la connexion de justesse ont eu raison de la mise en soute de leurs affaires. Et on a bien donné l’adresse de Laure à l’atterrissage pour que l’aéroport nous les envoient à leur arrivée, mais ils ont fait une faute de frappe… On ira les récupérer directement trois jours plus tard, avec en prime 150 dollars de dédommagement tout de même !

Laure nous aura aidé à faire toutes les démarches « administratives » sur place : numéro de téléphone, compte en banque, numéro IRD (numéro qui permet de travailler en Nouvelle-Zélande et que l’on peut demander en ligne à condition d’avoir un compte en banque et un numéro valides)… Et on a dû s’occuper du plus important pour nous : le van. Effectivement, on s’est très vite rendus compte qu’en Nouvelle-Zélande, sans voiture, on ne fait rien. Rien du tout. Il n’y a pas de trains comme en France, pas de transports avec un nombre incroyable de bus. Ici il n’y a que 4 millions d’habitants, et s’ils ne font pas partie des quelques 1 millions 500 000 habitants d’Auckland, ils sont répartis ci et là sur le territoire, à des kilomètres les uns des autres. Il y a bien d’autres villes, mais on est loin de quelque chose comme Bordeaux ou Lyon ! Et c’est je pense ce qui fait la beauté de la Nouvelle-Zélande. La grande majorité du pays consiste en une nature sauvage et pure, mélangeant forêts, plages, montagnes et plaines vallonnées. La ligne jaune centrale sur les routes amenant même encore un peu plus de couleur à un paysage qui en déborde déjà.

Après avoir fait quelques annonces, avoir été jeté un oeil dans les backpackers de la capitale économique, on a passé quelques coups de fil pour des vans qui nous paraissaient pouvoir faire l’affaire. Mais c’est là qu’on s’est heurté à un premier problème (enfin, deuxième, en comptant les bagages toujours absents) : nous sommes quatre. Sauf que la majorité des gens qui entament une telle aventure sont en général deux. Des couples souvent, ou des duos d’amis. Voire trois amis dans certains cas. Mais très rarement quatre. Il nous fallait donc trouver quelqu’un qui avait laissé les sièges arrières de son van ainsi que les ceintures. Et ça a peut-être l’air de rien, mais ce n’est pas si évident.

Pour faire simple, beaucoup de monde créé un espace « salon / chambre » à l’arrière du van. On enlève les sièges, on aménage une petite table sur laquelle on peu manger, lire, écrire et le tout doit pouvoir se replier pour laisser la place à un lit. En ouvrant le coffre on trouve souvent un petit atelier cuisine organisé. Et pour ceux qui ont pas mal de place et / ou qui sont bricoleurs, on peut aménager un évier, un petit coin toilettes et s’équiper d’une douche solaire : tout ce dont on a besoin pour obtenir la certification « self-contained ». Celle-ci atteste que les habitants du van peuvent subvenir à leurs propres besoins et conserver leurs déchets sans avoir besoin de ressources extérieures pendant une durée d’au moins trois jours. Et elle permet surtout d’avoir accès à toutes les aires de campings de Nouvelle-Zélande et de pouvoir se garer toute la nuit sur des places privilégiées sans se poser de question : un luxe qui peut valoir le coup. Ici, tous les vans « self-contained » sont accueillis partout, et ce sont bien sûr les plus recherchés. (D’autant plus qu’ils ne sont pas forcément plus chers que d’autres qui ne le seraient pas…) Mais pour revenir à nous, comme je le disais plus haut : nous sommes quatre. Impossible d’installer le matériel nécessaire pour devenir self-contained sans enlever les sièges arrières. C’est donc un compromis que l’on a dû faire, et comme on ne se voyait pas avoir un van et une voiture pour être self-contained même si l’on y a pensé, (ça n’a aucun intérêt, ça double les frais et ça ruine le concept du voyage) on s’est dit qu’on aurait un van classique. Être self-contained à quatre reste possible bien sûr, avec un camping-car ou une caravane, mais le budget n’est pas le même

On se retrouve donc au bout du quatrième jour sur un parking où des voyageurs sur le retour cherchent à vendre leurs vans. Celui pour lequel nous étions venus n’a que deux ceintures devant… Raté. La mort dans l’âme, on se dit que l’on doit continuer nos recherches, tout en pensant à un éventuel plan B. Jusqu’à ce que Baptiste et moi posions notre regard sur le van d’un duo d’ami autrichiens. Il est crade, il a l’air à l’ancienne, mais il dispose de la place dont nous avons besoin. Et il faut admettre qu’il a un certain cachet. On regarde, on discute avec les deux amis, et on se concerte. Ce qui va décider mon frère : les sièges arrières peuvent se retourner à 360 degrés. On peut aménager l’intérieur comme on le veut. Les filles sont un peu dégoûtées de ne pas avoir un van self-contained, dont tout le monde dit tellement de bien sur internet, mais on se décide d’un commun accord : on le prend.

Le van

Grand nettoyage

 

Les Autrichiens en voulaient 4400 dollars, on le récupère pour 4000. À part les essuie-glace qui ont l’air capricieux et une batterie sur la fin, le van a l’air d’être en bon état pour quelqu’un de son âge. On fait tout ce que l’on peut pour réunir la somme — il fallait voir la liasse qu’on avait à la fin — mais on y arrive. J’ai fait tellement de retraits ce jour-là que j’ai dû faire le chiffre d’affaire de ma banque grâce aux taux de change ! Toujours est-il que ça y est, on a notre van avec quatre ceintures ! Les anciens propriétaires nous donnent deux-trois conseils, ils ont l’air honnêtes. Et puis on ne pouvait pas laisser passer cette chance, d’autant plus que c’est aujourd’hui que l’on doit aller récupérer les bagages égarés à l’aéroport d’Auckland. Une bonne occasion de se faire la main sur notre nouveau compagnon de voyage !

Bagages récupérés, quelques kilomètres effectués pour que les conducteurs se fassent la main, (tout le monde sauf Virginie, donc) on pense pouvoir être prêts à partir bientôt. Si bien qu’on dit au revoir au mari de Laure que l’on ne reverra sûrement pas le lendemain. Mais le lendemain, surprise. Le temps, très changeant, de la Nouvelle-Zélande vire à la pluie diluvienne. Et ce pendant les trois prochains jours. Nos essuie-glace, que nous avions pris soin de faire réparer au garage, (même si le garagiste a bien indiqué qu’il n’était pas sûr qu’ils tiennent) nous lâchent. On est coincés… Et ce n’est pas tout : mon Mac me lâche aussi, dans un pays sans Apple Store avant que nous nous rendions compte qu’il y a des infiltrations d’eau à l’intérieur du van à cause du porte-vélo fait maison installé sur le toit. Ce porte-vélo était parfait pour mon frère qui a ramené son BMX pour arpenter les skate-parks locaux, mais on va devoir s’en débarasser…

Toute la semaine suivante n’a été qu’une succession d’allers-retours pour résoudre nos galères les unes après les autres. Pour aller droit au but : les infiltrations ont été stoppées en enlevant le porte-vélo archaïque. On a dû en acheter un nouveau qu’on a réussi à fixer à l’arrière du van. Mon Mac a été réparé dans un magasin certifié par Apple. Il refonctionne comme au premier jour et je peux travailler. On a passé une semaine à faire des allers-retours au garage pour se rendre compte que le problème d’essuie-glace était dû à une vis installée par les anciens propriétaires qui a perforé le système électrique de celui à l’arrière. Le garagiste spécialisé en électronique d’à côté a réglé le problème en 10 minutes et 30 dollars. Il suffisait de désactiver l’essuie-glace arrière et de changer une petite pièce. Et une fois que tout a été résolu, le soleil est revenu lui aussi ! On a eu peur de s’être fait avoir avec ce van, mais tout a l’air d’être rentré dans l’ordre. On peut enfin dire au revoir à Laure et son mari, pour de bon cette fois, avant de prendre la route le lendemain ! On part donc directement sur un road-trip en Nouvelle-Zélande, et on commence par le nord. Direction le Far North !

Chapitre 2 : le grand départ

 

Après dix jours passés dans la banlieue d’Auckland à faire de nombreux allers-retours chez le garagiste, après avoir fait le plein de nourriture et préparé tout ce dont nous allions avoir besoin pour partir l’esprit tranquille, nous arrivons enfin à l’heure tant attendue du départ ! Nous avons installé l’application CamperMate sur nos smartphones — qui est gratuite et que je vous conseille grandement — pour être sûrs de trouver les meilleurs endroits où dormir. Elle recense toutes les aires de camping, tous les spots WiFi, les stations essence et autres essentiels pour votre voyage ! On repère les endroits autorisés pour les vans qui ne sont pas self-contained, et on prend la route.

Premier point rassurant : ce n’est pas parce qu’on n’a pas la certification « self-contained » que nous allons avoir du mal à nous garer pour passer la nuit quelque part. Il existe beaucoup de campings et autres aires de repos qui sont prêtes à nous accueillir, à moindre coût et parfois même gratuitement ! Les aires gratuites disposent cependant d’un confort spartiate : on a de quoi se garer et poser sa tente. Parfois, des toilettes sont mises à disposition, mais la propreté des lieux laisse souvent à désirer… Ça vaut souvent plus le coup de débourser quelques dollars pour passer la nuit dans un endroit propre et entretenu, d’autant plus qu’ils offrent souvent la chance de côtoyer les locaux en plus d’autres voyageurs !

On prend donc la route pour Whangarei, à deux heures de voiture au nord. La musique sonne dans le van, et nous conduisons successivement dans des décors tous différents les uns des autres. Les routes Néo-Zélandaises sont des plus agréables quand le soleil est au rendez-vous. En sortant des villes, on se retrouve rapidement sur une longue piste de bitume ornée d’une ligne jaune continue et bordée de nature verdoyante. On croise quelques autres conducteurs, mais surtout beaucoup de vaches et moutons omniprésents sur le territoire. Comme nous sommes partis assez tard, vers 15h, nous n’avons pas beaucoup de temps pour explorer la ville de Whangarei. On cherche donc directement l’endroit que nous avions repéré pour poser le van et nous installer. Il s’agit d’un… parking. Certes, c’est gratuit, mais ce n’est qu’un parking situé au sommet d’une colline, entouré de végétation. Quoi qu’il en soit, c’est le premier soir où nous allons pouvoir utiliser notre équipement qui jusque-là dormait dans le van !

Cheveux au vent

On pose notre table, nos affaires et on commence à préparer à manger. Un couple d’Anglais, de Brighton, vient nous saluer et passer quelques minutes avec nous. Rob va nous sauver en nous montrant comment fonctionne notre gas cooker, cette petite plaque portative alimentée par une bouteille de gaz et qui sert à cuisiner. Il y a quelques consignes de sécurité à respecter si l’on ne veut pas que ça nous explose au visage, apparemment… Il y a quelques voyageurs ici, on a du être les cinquièmes à arriver. L’ambiance est conviviale, certains restent dans leur coin, d’autres sont plus avenants, mais tout le monde est là pour passer un bon moment. La première soirée se passe donc très bien, mais le bitume du parking nous empêche de poser la tente et nous force à dormir à 4 dans le van. Après tout, il fallait bien que l’on essaye ! J’ai personnellement bien dormi, mon frère aussi. Les filles, un peu moins apparemment…

Le soleil se lève sur Whangarei. Il doit être 8 heures quand nous ouvrons les yeux. Il est l’heure de faire le plein de forces pour repartir à l’aventure. Direction Whangarei Falls. Il s’agit d’une grande cascade qui est située non loin de la ville. C’est d’ailleurs quelque chose qui me fascine dans ce pays : on trouve des cascades et autres paradis naturels à quelques minutes à peine du centre ville. On profite donc du paysage, puis on se perd dans le dédale végétal au pied de la cascade en longeant le cours d’eau qui découle de celle-ci avant de partir manger. On reprend la voiture et continuons notre escapade vers le nord. On passe par Bay of Islands, à l’est, et on profite de la plage pour se détendre et se rafraîchir. Surtout les filles, qui ont tour à tour fini dans l’eau à vouloir essayer de me faire tomber ! L’air est chaud, le ciel est bleu, et mon bras balance au dehors pendant que je conduis. Le vent apporte un peu de frais à mon épiderme souffrant dans cette chaleur estivale. On a même eu l’occasion d’aider un couple de Bordelais qui avaient des problèmes de batterie à côté de la plage ! Beaucoup de rencontres en peu de temps, aussi éphémères qu’agréables ! La nuit se passera dans la ferme d’un local qui nous en donne l’accès pour 10 dollars. Des airs de The Walking Dead, on se serait cru chez Hershel. Beaucoup d’espace, de la WiFi, une rencontre avec un Allemand très cool… Et on peut enfin essayer la tente !

La nuit dans la tente s’est bien passée, même si elle est moins confortable que l’arrière du van. Quelques étranges cris d’animaux dans l’obscurité de la nuit. Et je suis vite réveillé par la chaleur du soleil brûlant qui vient taper sur la toile jaune vers 8 heures. Il est l’heure de se lever. On reprend vite la route, direction les « Rainbow Falls » à Keri Keri, ville qui se trouve à environ une heure de là. Un endroit qu’Éléna a repéré grâce à son petit guide de la Nouvelle-Zélande. Il s’agirait d’une cascade et d’un grand lac perdus dans la nature : on est vite tous d’accord pour s’y rendre ! Mais tout d’abord, il nous faut remplir ces estomacs qui crient famine… Comme la Nouvelle-Zélande regorge de fast-foods et qu’on cherche à économiser le plus possible, on se rend dans un grand nom de cette gastronomie rapide au M jaune dont on taira le nom… Bref arrêt dans le centre ville de Keri Keri. Mais c’est en retournant au parking où l’on avait garé la voiture une heure et demie avant, après une discussion avec une adorable femme d’origine suisse qui travaillait là dans un petit magasin vendant moult breloques — où j’ai enfin pu acquérir mon précieux attrape-rêve pour le rétroviseur du van — que mon frère se rend compte d’un petit détail. D’un très mince détail. Il avait laissé les phares allumés. Et comme notre vieux van souffre d’un signal sonore défectueux qui ne nous a pas prévenus et d’une batterie en fin de vie, il décide de ne plus démarrer. On essaye plusieurs fois de mettre le contact, mais rien : comme si la clef tournait dans le vide. Mais c’est là que la chance nous sourit dans notre mésaventure : nous nous sommes garés à deux pas d’un magasin de mécanique auto. C’est donc rassurés que l’on part avec Baptiste acheter des pinces crocodile en se disant qu’un brave local allait bien finir par nous venir en aide. Encore mieux : les pinces sont à moitié prix ! Quelques dollars déboursés, on retourne sur la parking avec le Saint Graal en notre possession, et en peu de temps une jeune femme vient nous aider dans son 4x4. On va pouvoir reprendre la route !

Fausse alerte. Les pinces crocodile n’ont pas fonctionné. La batterie est à plat, et nous n’avons rien pu faire pour la sauver. Elle nous quittera donc sur ce parking de Keri Keri, après une semaine à peine de loyaux services… On savait qu’on allait devoir la changer tôt ou tard, et mon frère a décidé de l’achever pour qu’elle ne souffre pas plus longtemps. (ou alors c’est peut-être ce qu’il répète pour se donner bonne conscience de l’avoir cramée) Quoi qu’il en soit, on se retrouve sans batterie sous le capot. Deuxième tour à Repco, le magasin où nous avions acheté les pinces 10 minutes plus tôt. La batterie qu’il nous faut est disponible, pour la modique somme de 257 dollars précisément. On se rassure en se disant qu’en divisant le prix par 4, ce n’est pas si cher ! Et puis on se dit que l’on est loin des 4000 dollars que les Bordelais que nous avions aidés avaient dû débourser pour les problèmes sur leur voiture… Ça fait relativiser ! On met la nouvelle batterie en place, on rend le corps inanimé de la nôtre au magasin et on part enfin direction Rainbow Falls !

Rainbow Falls à Keri Keri est un endroit que je vous conseille vivement. Arrivés là-bas, on tombe directement sous le charme de l’endroit : un chemin en descente entre les arbres de la forêt nous amène directement devant un spectacle fantastique. Des chutes d’eau de 25 mètres qui viennent s’écrouler dans un grand lac teinté de vert. Il y a quelques personnes ici, dont un groupe de jeunes qui est en train de gravir un chemin délicat à gauche du lac pour se rendre derrière la cascade. On ne va pas tarder à les suivre ! Le chemin pour accéder à l’arrière de la cascade est cabossé, et sûrement pas réglementaire tant il est facile de glisser et de tomber à l’eau. Mais ça ne va pas nous arrêter. Je prends mon appareil photo en bandoulière et traverse la partie où le lac se transforme en cours d’eau qui s’engouffre la forêt et part au loin. Quelques cailloux émergent de la surface et l’eau monte au-dessus de ma cheville : on a pied, mais la mousse sous l’eau est extrêmement glissante. Un faux pas, et je dois m’acheter un nouvel appareil… J’ai glissé, mais ma main est venue s’appuyer sur un caillou, empêchant une chute ridicule de tout mon corps dans l’eau. C’est avec l’adrénaline dans mes jambes que je rejoins la terre ferme, prêt à continuer le chemin ! Après quelques minutes de marche et d’escalade, on se retrouve à notre tour derrière la cascade. Le paysage est à couper le souffle, une grotte mélangeant couleurs marrons et vertes se trouve là, bercée par la mélodie de l’eau qui coule à l’infini. L’air est frais et humide, mais très agréable. On jette un oeil sur les affaires que nous avions pris soin de laisser seules, sur la berge. Mais je ne m’en fais pas, je sais que je les retrouverai au retour. Un petit shooting photo s’improvise tant le paysage est incroyable et offre des tonnes d’images à immortaliser.

Rainbow Falls

 

Derrière la cascade

 

Dryade

Après cette aventure, il est temps de partir se baigner dans le lac. J’ai bien fait de venir en maillot de bain. De plus en plus de gens arrivent et se retrouvent eux aussi bouche bée face à la beauté de Mère Nature. L’eau est fraîche, ce qui est une véritable bénédiction tant le soleil alourdit l’atmosphère. On passera quelques heures ici, à prendre des photos, à nager dans de l’eau où les algues nous attrapent les chevilles et à aller se faire inonder en-dessous de la cascade qui nous tombe dessus. C’était la première fois que je me rendais derrière une cascade et que je nageais sous elle. Une expérience que des mots ne pourraient qualifier.

Vient alors le temps de partir explorer un peu la forêt, offrant un chemin qui s’étend sur quelques kilomètres, avant de retourner au van. On va marcher une demie heure et faire demi-tour, car même si la végétation est splendide, il n’y a rien de vraiment spécial qui puisse nous donner l’envie de rester plus longtemps. Et comme l’heure commence à tourner, on prend la route en direction d’un « campsite DOC » avant que la nuit ne tombe. Il s’agit d’une aire de camping à bas prix basée sur l’honnêteté des voyageurs : les frais sont destinés à l’entretien et à la conservation de la nature environnante, et par conséquent, des campsites eux-mêmes. (DOC : Department of Conservation) L’argent est placé dans un petit pocheton accompagné des informations remplies par les voyageurs et inséré dans une sorte de boîte aux lettre métallique. Un ranger passe de temps en temps récupérer l’argent et s’assurer que tout le monde est en règle. Les DOC proposent en général un accès à l’eau courante, des toilettes, une douche froide et surtout un environnement à couper le souffle en échange de quelques dollars. C’est là que je vais rencontrer Marco, une des personnes les plus emblématiques de mon voyage en Nouvelle-Zélande !

Flora