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La Corée du Sud : une belle surprise

Voyage éclair en Corée du Sud

Carnet sur un pays qui ne m’avait jusqu’alors jamais fasciné

 

Mercredi 18 juillet 2018, je suis dans l’avion en direction de Séoul. Je pars pour le travail pendant 4 jours avant de retourner à Tokyo dimanche matin. Je n’ai jamais écrit de carnet en direct lors d’un voyage comme ça ; j’ai toujours attendu mon retour pour écrire avec un peu de recul et avoir l’esprit reposé. Mais cette fois, c’est différent. D’abord, j’ai envie d’écrire et de m’essayer à cet exercice consistant à décrire mes impressions et sentiments spontanément. Et puis aussi parce que j’ai toujours eu un rapport que je qualifierais de “conflictuel” avec ce pays. Pour être honnête, si je ne partais pas pour le travail, je n’aurais pas pris la décision moi-même d’y aller. Il y a beaucoup d’autres destinations que j’aurais mis en priorité.

J’ai des amis qui aiment beaucoup la Corée du Sud et sa culture, moi je ne m’y suis jamais vraiment intéressé. Pour plusieurs raisons, mais notamment à cause d’une histoire passée. J’avais fait des efforts à cette époque, j’avais même commencé à apprendre la langue, mais ça n’a pas été une franche réussite. Je ne dis pas que je n’aime pas le pays — je n’en connais rien — mais mon intérêt ne s’est simplement jamais arrêté sur lui. Le hasard veut peut-être me prouver que j’ai tort et que la Corée a quelque chose à m’apporter. Il est peut-être temps de me réconcilier avec une partie de moi-même. Je suis curieux, maintenant. Après tout, je pars en voyage et je vais être payé à le faire : c’est ce pourquoi j’ai toujours travaillé. Et puis pour être honnête, il y a toujours eu une partie de moi qui se disait que je me devais d’aller faire un tour dans les rues coréennes pour me rendre compte de ce qu’il en est réellement sur place. Même si quelques jours ne vont pas suffire à me faire une idée détaillée sur ce que le pays a à offrir, j’aurai au moins eu la chance d’avoir une introduction authentique. J’atterris dans une heure. 

 

***

23h, de retour à l’hôtel. J’ai été très surpris.

 

Séoul n’a absolument rien à voir avec ce que je pouvais imaginer. Je m’étais fait une idée de cette ville via ce que j’en avais entendu des gens qui m’en avaient parlé, et ça n’a rien à voir avec les images que j’avais en tête. Beaucoup la comparent à Tokyo. J’ai essayé de prendre Séoul comme une ville à part entière et de ne pas la comparer à Tokyo, justement. 

En arrivant, j’ai cru être à Hong-Kong. Les bâtiments, les paysages qui se dessinaient derrière le hublot de l’avion me rappelaient fortement ceux de ce petit état. Je n’ai pas encore vu grand chose de Séoul, mais j’ai plus retrouvé une ambiance similaire à celle de la Chine. Je n’y ai pas vu le Japon du tout, et tout ça m’a beaucoup étonné. En bien : la Corée a l’air d’avoir quelque chose d’atypique.

J’ai rejoint mon collègue Eddy, qui est Coréen, vers 19 heures 30. Je me suis baladé un peu aussi. Les gens ici ont l’air très détendu, il y a beaucoup de couples qui se montrent de l’affection l’un envers l’autre sans gêne. On a fait une petite croisière sur le fleuve Han pendant laquelle j’ai pu prendre des photos. Et j’ai pu faire du BMX aussi ! Un jeune était là, en train de s’entraîner, alors je suis allé lui parler. Il ne parlait pas anglais, mais il m’a laissé essayer son vélo et on a passé un moment très cool. Ça m’a fait du bien.

Séoul m’a accueilli les bras ouvert aujourd’hui. Quelle surprise. Je vais aller dormir et essayer de me reposer maintenant. Demain, c’est une longue journée qui m’attend. Mais je suis rassuré et encore plus excité qu’en arrivant il y a quelques heures. Je reconnais que cette ville, ce pays même peut-être, a un potentiel que j’avais négligé… 

 

Bien arrivé

 

Comme un air de Shanghai

 

Jeudi 19 juillet, 8 heures 30.

 

Je me réveille doucement. Je vais rejoindre Eddy à la gare de Séoul qui est à deux pas de mon hôtel. On va prendre un petit-déjeuner, faire un briefing de la journée et partir pour Gangnam. Voilà un nom qui m’est familier, pour une fois ! 9 heures, la journée commence.

Les transports à Séoul sont très propres. Une petite musique annonce l’arrivée du métro, et pareil lorsque l’on arrive au terminus d’une ligne. J’ai remarqué que certain(e)s avaient tendance à pousser pour rentrer au lieu d’attendre que les gens sortent. En arrivant à la station de Gangnam, j’ai vu un véritable centre commercial. La gare est très grande et de nombreux magasins y sont installés. On profite de la climatisation avant de sortir sous les rayons brûlants du soleil pour filmer. 

Gangnam, c’est le quartier classe de Séoul. Il n’échappe pas aux autres quartiers de ce style des autres pays modernes (j’entends par là qui ont été reconstruits après la guerre) : des grattes-ciel, des tours de verre et d’acier immenses, des enseignes internationales et beaucoup de monde qui s’agite sur de très larges rues qui ont l’air de s’étendre à l’infini. Des bus, des taxis, des mobylettes qui défilent. On se croirait à New York. On tourne ici, et je prends en photo tout ce qui attire mon regard avant que l’on aille à l’école située non loin pour récupérer les étudiants et aller déjeuner. Il s’agit du groupe d’adolescents qui est en Corée pour quelques semaines. Ils ont tous entre 14 et 17 ans, et une jeune Coréenne de 21 les accompagne aussi. J’imagine qu’elle a 20 ans pour nous, car en Corée les gens ont déjà un an le jour de leur naissance. Je suis très impressionné par le fait que tous ces ados parlent anglais très correctement, peu importe d’où ils viennent. Est-ce que je savais parler anglais à 15 ans, déjà ? Et puis pour partir si jeune à l’autre bout du monde… Vraiment, je les trouve incroyables.

Quartier des affaires

 

Eddy nous emmène manger dans une chaîne de fast-food où je sympathise avec les étudiants. On parle beaucoup, notamment avec une petite Néerlandaise (pas par la taille, ils sont grands en Hollande) et la jeune Coréenne. Je dois avoir un problème avec les prénoms car j’en ai retenu pour ainsi dire zéro. Après une brève discussion, j’apprends qu’en 21 ans (20 ?) cette dernière a déjà eu le temps d’étudier deux ans aux États-Unis, qu’elle parle au moins trois langues et qu’elle veut devenir chef d’orchestre. Je me répète, mais je suis fasciné. Je trouve ça tellement inspirant de rencontrer des jeunes pleins d’énergie positive, d’ambitions et de rêves. Qui savent ce qu’ils veulent et qui sont déjà suffisamment matures pour travailler à leur réalisation. Les choses risquent de changer pour eux, mais vous lisez quelqu’un qui a trouvé sa voie à 25 ans, alors voir des gens entre 15 et 21 ans qui pensent déjà savoir où aller, ça m’impressionne toujours !

14 heures

Le déjeuner est terminé et les étudiants prennent part à une nouvelle activité — qui m’enchante, ça va sans dire. Nous avons rejoint un studio de danse pour 2 heures d’entraînement K-pop. Génial ! Heureusement pour moi, je vais avoir terminé de tourner tout ce dont j’ai besoin en 40 minutes. Dire que je n’ai jamais été à l’aise avec la danse serait un euphémisme. J’ai la grâce d’un âne boiteux et mon corps est rigide comme du bambou. Les deux profs coréennes, elles, savaient ce qu’elles faisaient par contre. J’ai trouvé ça plutôt cool, au final. 

 

K-pop

 

Ça y est, j’ai du temps pour moi. Enfin, pour moi… j’ai du temps pour travailler seul. Eddy reste pour s’assurer que tout se passe bien au studio. Je sors, marche une dizaine de minutes et appelle un taxi qui va m’emmener au temple Bongeunsa. Là-bas je me retrouve face à l’architecture religieuse coréenne pour la première fois. Je l’avais déjà vu en photo, mais c’est haut en couleurs ! Il y a une partie du site en chantier : comme à chaque fois que je visite un lieu traditionnel, il est en travaux. Je me retrouve sous un véritable plafond de lanternes après avoir escaladé un petit escalier qui passait sous un bâtiment et qui m’a emmené sur une cour extérieure. Ah, j’y pense, ai-je déjà mentionné que Séoul est très vallonnée ? On passe notre vie à monter et descendre ici !

Je traîne, prends des photos, des clips vidéo… Et puis un homme vient m’aborder, il filme lui aussi. On parle un peu de notre passion, avec un lexique qui donnerait mal au crâne à quelqu’un qui ne connaît pas, et puis on se laisse tranquille. Il me dit “happy shooting, man”, et je me dis que c’est une bonne mentalité que de s’amuser en travaillant. Prendre du plaisir et s’intéresser au travail des autres plutôt que de faire la compétition pour une illusion de supériorité. Une femme me dit qu’il y a des gens qui jouent du tambour plus bas, mais je ne trouve pas l’entrée du temple en question. Alors je repars vers Gangnam où je vais retrouver Eddy pour manger et aller au karaoké avec tout le monde. 

Le plafond de lanternes

 

Un moment de sérénité

 

22 heures 30

Ma journée est terminée, je rentre à l’hôtel. Un peu fatigué, mais très content. Je passe par quelques petites rues de Gangnam avant de prendre un taxi. J’ai un petit aperçu de Séoul la nuit ! La ville met un tout autre masque à la tombée du jour. Je profiterai d’une autre nuit pour flâner et prendre des photos, il me reste des choses à faire. Cette journée était forte en découvertes et assure une suite prometteuse. Je vais éditer mes photos d’aujourd’hui et essayer de trouver le sommeil. À demain.

*** 

Vendredi 20 juillet, 9 heures

 

J’ai déjà mieux dormi que la veille. Je m’endors tard car je veux avoir édité mes photos de la journée le soir-même. Je dois rejoindre Eddy à 9 heures et demies au même point de rendez-vous qu’hier. Ce matin, je dois aller filmer dans les salles de classe de deux groupes différents. Je me prépare à la hâte et je descends.

Rien de très excitant à raconter sur cette matinée, mais j’ai été frappé par quelques images dans le métro. D’abord, dans les couloirs, j’ai vu de grands posters avec des photos d’idols locaux et Eddy m’a appris que c’est en fait les fans, en majorité depuis l’étranger, qui financent ces posters. J’ai trouvé ça incroyable : de la publicité gratuite. Il s’agit généralement de chanteurs ou de chanteuses (qui dansent aussi, ça va souvent de pair) dont c’est l’anniversaire. J’imagine que la tendance s’étend à d’autres occasions aussi. Ensuite, en montant dans la rame, j’ai vu une publicité pour des services de chirurgie esthétique. J’ai toujours su que la Corée du Sud est très portée dessus, mais ça fait toujours un effet différent de le voir en vrai. Ces notions de compétition et d’apparence sont très fortes ici et la société traque l’inconscient des gens jusque dans le métro. J’ai aussi remarqué, sur une autre note, que beaucoup de jeunes portaient des appareils dentaires. Je ne sais pas si c’est moi qui n’ai croisé que des gens qui se souciaient de leur sourire ou si c’est réellement répandu, mais ça vaut le coup d’être souligné.

 

Publicité de chirurgie esthétique dans le métro

 

15 heures

Eddy et moi avons accompagné les étudiants dans une activité de cuisine coréenne ce midi et avons mangé tous les deux rapidement avant de continuer notre aventure. Il m’emmène alors au palais royal de Gyeongbok. On va beaucoup marcher, et je vais en prendre plein les yeux. Sur le chemin, nous passons sur une sorte de grande esplanade avec deux statues de figures importantes de l’histoire coréenne. Il y a de nombreux jets d’eau au sol au pied de l’une d’elles, et des enfants s’amusent en plein air profitant d’un peu de fraîcheur. Nous arrivons tranquillement dans l’enceinte du palais où je peux admirer l’architecture et les vêtements traditionnels que portent locaux et touristes. Il n’y a que peu de monde, on est en semaine et la chaleur est écrasante : tant mieux pour moi. Je me rends compte alors de la chance que j’ai de pouvoir voyager. Je regarde autour de moi, lève les yeux au ciel et une sensation d’euphorie traverse mon corps. Je fais ce que j’ai toujours eu envie de faire. J’ai un petit moment de lucidité, je prends du recul et remercie la vie d’être si généreuse avec moi. Je me retrouve en phase avec moi-même ; le voyage reste encore ce qui me procure le plus de plaisir. Un plaisir pur, vrai.

L’entrée du palais

 

Un peu de fraîcheur

 

Après avoir vu ce que nous avions à voir — soit beaucoup de choses — nous prenons la route de la sortie. Nous allons nous reposer dans un café pendant trente minutes avant de repartir de plus belle : ce soir un paysage nocturne fascinant m’attend.

20 heures passées

Nous voilà au pied de la “N Seoul Tower”. C’est une tour de télécommunication située en haut d’une colline, accessible notamment en remontée mécanique. En arrivant là-haut, j’en ai tout de suite profité pour admirer la ville. La lune brille, Séoul aussi. Le spectacle est à la hauteur des efforts fournis ces derniers jours.   

Je profite d’un moment de calme pour rêvasser un peu, penser à ma vie, mes proches, et puis je monte au sommet de la tour. J’ai été assez déçu : c’est très (très) touristique, rempli de magasins de souvenirs et la vue est moins agréable à travers les vitres. Je redescends bien vite. 

Avant de rentrer à l’hôtel, Eddy m’emmène manger dans un marché un peu plus loin d’ici. Beaucoup de commerçants ont plié bagages : il est déjà 22 heures. C’est très local, authentique. Les odeurs et la vue me rappellent le Viêt-nam, la Thaïlande… L’Asie que j’aime tant. La femme qui tient le petit restaurant où nous nous arrêtons parle de moi mais je ne comprends que trois mots de coréen : insuffisant pour maintenir un semblant de conversation. J’essaye ce qu’Eddy commande : pas mal. Je ne sais pas vraiment ce que j’ai mangé, mais je rentre à l’hôtel le ventre plein. (Quand je dis hôtel, c’est un bien grand mot. Peut-être aurais-je dû préciser au début que ma chambre d’hôtel ressemble plus à une cellule de prison qu’autre chose, mais ça fait l’affaire) Demain, rendez-vous à 11 heures : enfin un peu de repos mérité !

Une soirée au marché

***

 

Samedi 21 juillet, 10 heures 30

 

J’ai enfin la sensation de m’être reposé. Un peu. Je reçois un message d’Eddy qui me donne rendez-vous à 11 heures et demies, finalement. Je prends mon temps et me rends compte qu’il m’a dit de venir à Gangnam, et non à la gare de Séoul comme d’habitude. Comme je me suis trompé, on se retrouvera à midi pour manger avant de prendre un taxi en direction d’une ville un peu plus éloignée : Yongin. Il s’y trouve un village traditionnel coréen folklorique, comme dans les temps anciens. Il ne s’agit pas là de véritables vestiges, mais d’une attraction touristique qui permet d’avoir un aperçu de ce qu’était la vie traditionnelle en Corée il y a quelques décennies de ça. 

Le conducteur du taxi conduisait n’importe comment. Il avait le pied lourd, notamment sur le frein, et ses nombreux arrêts brutaux imprévisibles m’ont retourné l’estomac. Mais nous sommes sains et saufs. Nous avons beaucoup parlé de la Corée et de son histoire avec Eddy pendant toute la durée du trajet. Je lui pose énormément de questions et il est toujours disponible pour me répondre. Je suis content de tout ce que ce court voyage m’apprend. Surpris, aussi, notamment quand il m’a dit que la majorité des jeunes Coréen(e)s aimeraient juste partir, vivre à l’étranger et qu’ils ne veulent pas rester ici. Eddy aime son pays, mais il m’avoue qu’il a ses problèmes. Comme tous les autres, finalement. 

Nous arrivons en avance et les étudiants ne sont pas encore là. Le parc est quasiment vide, je pense que la chaleur ne motive pas les gens à partir en expédition où que ce soit. Ça tombe bien, de nouveau je peux en profiter pour prendre des photos. J’assiste à un spectacle de danse traditionnelle qui me fascine : certains danseurs ont sur la tête une coiffe ornée d’une longue bande blanche qui ondule au rythme des mouvements de ces derniers. J’arrive même à capturer un danseur lors d’une vrille avec une mise au point impeccable : je suis super fier !  Les costumes sont sublimes également, très colorés avec une grande touche de bleu. Les étudiants sont arrivés peu avant le début de la danse. Après ça, nous assistons tous ensemble au spectacle d’un homme qui fait des acrobaties sur une corde tendue entre deux poteaux en bois, un large éventail à la main. Il a un micro et doit dire beaucoup de choses drôles, car tout le monde rigole. Moi, je ne comprends rien. On finit ensuite par se balader avec Eddy, je dis au revoir aux étudiants que je ne reverrai pas, on profite d’une petite excursion en barque pour prendre encore quelques plans, et nous repartons vers Séoul. Une fille m’a dit bonjour et a poursuivi en me disant que j’étais beau. Je suis flatté ! En attendant le taxi, nous sommes dans le bureau d’informations à l’entrée du parc et l’homme au comptoir, la cinquantaine, parle de moi à Eddy. Il essaye de communiquer avec moi, parle un peu anglais. Il a un grand sourire tout au long de notre conversation. Je lui dis “je suis Français” en coréen, l’une des rares phrases que je connaisse, et il rigole en me disant que mon coréen n’est pas mauvais. On termine notre discussion, le taxi arrive : on repart vers la capitale. 

Vrille

 

Singeries

 

De retour à Séoul, Eddy me dit qu’il compte aller au temple où je suis déjà allé il y a deux jours. Je me dis que ça n’en vaut pas la peine, alors on change les plans. Vu que l’heure tourne et que c’est déjà mon dernier jour, on décide de retourner au marché où nous étions la veille. Il est environ 18 heures, il sera plus animé c’est sûr. 

Effectivement, en arrivant, je constate que c’est bel et bien animé. Les Coréens mangent tôt, et les restaurants et autres stands de nourriture sont pleins à craquer. Je me fraie un chemin parmi la foule agitée. Je croise des gens qui me regardent avec insistance, sûrement étonnés de me voir là avec mon matériel photo / vidéo. Je me balade. Le marché est constitué de long couloirs avec ses commerces au centre et un chemin qui se dessine de chaque côté de ceux-ci. Au-dessus de nos têtes se trouve un plafond décoré de milliers de petits drapeaux du monde entier. Nous sommes dans le couloir principal et arrivons à une sorte de carrefour, où tout le monde s’esquive habilement pour continuer son chemin. Nous allons prendre à droite dans un couloir perpendiculaire moins agité. Mon regard analyse tout ce qui passe : les gens, les étales (certains exposant des fruits de mer encore vivants), les lumières, les petits couloirs plus sombres qui se dévoilent sur les côtés… Je garde mon appareil à la main pour pouvoir prendre en photo tout ce qui me paraît intéressant. On arrive à un nouveau carrefour où je remarque un jeune occidental assis à une petite table avec un deuxième jeune homme, asiatique. Nos regards se croisent, comme si nous avions tous deux remarqué un faciès familier parmi la foule. Et puis nous continuons notre chemin, Eddy et moi, tout droit jusqu’à sortir du marché. C’est bientôt l’heure de découvrir le dernier quartier de ce court périple en Corée du Sud.

 

18 heures 30, Hongdae

 

Me voilà arrivé à Hongdae. J’avais beaucoup entendu parler de ce quartier : quand je parlais de la Corée avec des gens qui y étaient déjà allés, il revenait toujours dans la conversation. C’est le quartier jeune, animé et artistique de la ville. La jeunesse coréenne se donne ici rendez-vous notamment pour faire des shows de danse. On voit de tout : des musiciens, des danseurs, des gens aux styles aussi variés qu’excentriques… Je dois avouer que l’ambiance est particulière. Agréable, légère. Tout le monde a l’air de faire ce qu’il veut, d’avoir le droit de s’exprimer comme il l’entend, à travers l’art, sans crainte d’être jugé. Je trouve ça fantastique.

On se balade avec Eddy et il y a de plus en plus de monde. C’est samedi soir, et Hongdae est aussi réputé pour être le quartier où les gens vont en soirée. J’aimerais en profiter, mais Eddy va rentrer, je me lève tôt demain, et j’ai travaillé sans arrêt pendant quatre jours… Bref, une autre fois. Nous allons dîner et finir de tourner ce dont nous avons besoin. L’endroit est fidèle à sa réputation. Des groupes entiers de gens sont là à regarder les danseurs et danseuses, la musique résonne dans la foule et les playlists se mélangent les unes aux autres. Tous les dix pas, on découvre de nouvelles sonorités. Aussi, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de couples mixtes à Séoul et, peut-être que je me trompe, mais j’ai vu plus de femmes occidentales avec des Coréens que l’inverse. Une tendance différente du Japon, où l’on voit généralement plus d’hommes occidentaux avec des Japonaises. J’ai trouvé ce détail intéressant à relever.

Il est 20 heures 30, l’heure pour moi de dire au revoir à Eddy. Il aura été un guide parfait pour ces quelques jours dans son pays. Il m’a réservé un accueil chaleureux et m’a appris énormément de choses en peu de temps sur la Corée, sa société et son histoire. C’est amusant, mais je ne le vois pas du tout comme un collègue, plus comme ce mec que j’ai rencontré sur place et qui a rendu mon voyage inoubliable. Il est l’une des personnes qui a rendu ce court séjour incroyable. On se dit à la prochaine, et il disparaît en quelques secondes dans la foule de Hongdae. Je reste là, car il me reste une dernière chose à faire avant de rentrer.

Quand j’ai partagé mes photos de la Corée sur mon compte Instagram, une amie m’a envoyé un message : “t’es en Corée ??” Sido, que je n’ai pas revue depuis près de 5 ans, est une amie de l’université. Elle a étudié le coréen et le parle maintenant couramment. Elle vient de finir un stage de trois mois et est de retour à Séoul jusqu’à demain. C’est l’heure des retrouvailles. 

Je la retrouve à la sortie du métro et nous allons discuter dans un bar non loin de là. C’est amusant de se retrouver ici, moi qui ne pensait pas aller en Corée de si tôt. On fait le point sur nos vies, pourquoi et comment nous en sommes arrivés à se retrouver ici dans un bar de Hongdae. La vie est un voyage amusant. On parle de l’époque de la fac, des amours, de travail, de voyage… Ça fait du bien. Je vais rentrer vers 23 heures. Je dis au revoir à Sido, prends le métro pour la gare de Séoul et pense au décollage de demain. 10 heures… Ça ne va pas faire beaucoup de sommeil, d’autant plus que j’ai encore beaucoup de choses à préparer avant demain matin. Bref, me revoilà seul avec moi-même sur la route. Bonne nuit !

 

Dimanche 22 juillet, 6 heures 30 – conclusion

 

Réveil qui fait mal. Je prépare mes affaires à la hâte en tâchant de ne rien oublier. Je pars pour la gare et en arrivant, je me trompe de guichet. Il faut peut-être que j’apprenne le coréen. Rapide coup de stress vite maîtrisé, j’ai trouvé à qui m’adresser et j’ai mon ticket de train en poche : direction l’aéroport. 

Comme mon dentifrice est interdit en cabine et que je dois faire le check-in avant la fermeture du comptoir, je dois le mettre dans mon sac qui part en soute. Alors je sors ma brosse à dent, la recouvre de dentifrice et je la garde à la main pendant tout le check-in. J’ai dû déambuler dans les allées de l’aéroport en me brossant les dents jusqu’à ce que je trouve des toilettes. J’édite ensuite quelques photos en porte d’embarquement pour les publier plus tard et j’embarque…

***

Et voilà. Je suis déjà dans l’avion du retour. Je vais arriver à Tokyo un peu avant 13 heures. Le réveil était difficile, mes yeux piquent encore. Je n’ai eu que peu de repos durant ces quatre jours et le décollage à 10 heures du matin n’a pas été des plus stimulants. Je vais profiter de ce dimanche pour me reposer tranquillement en rentrant.

Séoul aura été une incroyable surprise. Tous les gens que j’y ai rencontré ont été adorables avec moi. L’ambiance y était vraiment agréable malgré la chaleur assommante chaque jour. C’était un condensé intense, et je suis content d’avoir pu faire tant de choses en si peu de temps. J’ai pu prendre beaucoup de photos et je vais en garder quelques unes précieusement. Je sais que si j’ai un jour l’occasion de voyager à travers la Corée du Sud, je le ferai avec plaisir. Et surtout, j’ai enfin pu faire la paix avec une partie de moi-même qui était froissée depuis des années.

Merci pour les précieux souvenirs et à bientôt peut-être, Hanguk.

Rodolphe

 

감사합니다